Justice, intercession, médiation, piété et sagesse !

                   (Amos 8, 4-7; 1 Tim 2, 1-8; Luc 16, 1-13)

                                       

« Je demande avant tout que des prières, des intercessions, des supplications et des actions de grâces soient faites pour tous les hommes, les rois, tous ceux qui détiennent autorité… » (1 Tim 2, 1 s), écrit saint Paul. Nous pouvons ajouter: pour la pauvre église de Terre Sainte, si éprouvée. Une prière spéciale pour l’Administrateur Apostolique du Patriarcat Latin de Jérusalem, Mgr Pierbattista Pizzaballa! Et pour l’église mourante en Syrie, Irak, souffrante en Egypte au Libanpour l’église, bien malmenée en Occident, en Afrique, et en Asie!

 

Le prophète Amos: justice et intégrité (Am 8, 4-7)

Le petit « piqueur de sycomores », de Téqoah, au sud de Bethléem, ne se gêne pas de dénoncer l’injustice: celle des marchands, des dirigeants, des « puissants ». Trichons, opprimons le faible! Or, en Terre Sainte, l’injustice et l’oppression font partie de notre pain quotidien! Horrible paradoxe puisque c’est dans cette terre que la justice a été divinement révélée et proclamée, bien plus: incarnée! (Michée 5, 1-5) Ne parlant pas de l’injustice politique, contentons-nous de « l’injustice religieuse »: le « prosélytisme » chrétien (i.e. l’évangélisation) est interdit, par loi civile auprès des Juifs (depuis 1979); par loi « théocratique » chez les Musulmans, depuis quatorze siècles. Les autres prosélytismes sont au contraire non seulement tolérés mais encouragés. Le totalitarisme idéologique religieux islamique règne dans les manuels scolaires arabes. Tout récemment, dans les « nouveaux » programmes scolaires palestiniens de ce que l’on appelle « l’éducation civique », pour le stade préparatoire, nous lisons: « Issa (qui serait Jésus) a annoncé la venue de Mahomet »! Quel rapport avec l’éducation « civique »? Injustice suprême! Imposer aux écoles et aux élèves chrétiens cette théorie islamique de suprématie, imposant l’Islam aux chrétiens d’une façon subtile à peine masquée « d’éducation civique ». Amos criait déjà: « Ecrasons le malheureux pour anéantir les humbles du pays« ! Nous remercions le ciel parce que l’on ne nous écrase et l’on ne nous anéantit pas, ou pas encore, physiquement, comme en Irak, en Syrie, au Nigéria, au Pakistan etc…L’un des derniers patriarches latins de Jérusalem nous avertissait: « Soyez prêts au martyre! »

Mais l’écrasement et l’anéantissement idéologiques et « théocratiques » continuent. Or, nous, les chrétiens du Moyen-Orient, au moins, c’est nous qui sommes les habitants originaires de ces pays, c’est nous « les humbles, le peuple du pays », le « ‘am haarets » עם הארץ opprimé et privé de soutien: tout cela sans paranoïa ni haine de notre part. Il s’agit de la simple réalité. Objection: « Mais on n’en parle pas! » Réponse: « Précisément parce qu’on ne peut pas le faire! »

 

Prier pour les autorités civiles (1 Tim 2, 1-8)

Elles en ont bougrement besoin! Sans commentaire! Et pour la pauvre « fille aînée de l’Eglise », que de prières deviennent nécessaires et urgentes!

Le début de ce chapitre 2 de la première à Timothée sert de « cheval de Troie » pour miner l’intercession des saints. On argumente: « Christ seul Médiateur, donc pas d’intercession! » Comme presque toujours, l’on coupe ou saute quelque chose du texte lui-même. On commence à partir du verset 5! Or, les quatre premiers versets, ignorés ou sciemment négligés, exigent précisément l’intercession de tous pour tous (pas « le mariage pour tous »!) Oui, saint Paul nous prie, avant tout, de prier pour tous! Prier, c’est trop peu dire! Il y a un crescendo: prier, intercéder, supplier, et déjà remercier: actions de grâces! Bon: prier, on a compris! Mais remercier pourquoi? A cause de l’assurance que le bon Dieu nous a exaucés! Et parce que les choses ne vont pas aussi mal qu’on ne l’aurait craint!

A nous pécheurs, par faiblesse ou par malice, ou les deux à la fois, l’apôtre n’hésite pas de demander que nous priions pour les autres! Il va sans dire qu’il demande aux autres aussi de prier pour nous! Alors, si notre intercession à nous est « chose acceptable et agréable à Dieu », celle des saints du ciel serait à rejeter, comme le professent nos frères les Protestants? Jamais de la vie! Et l’épître aux Hébreux nous le déclare assez explicitement: vous qui vivez ici-bas, « vous êtes arrivés (déjà?!) à la Jérusalem céleste… aux esprits des justes amenés à la perfection »: vous êtes donc en communion non avec les corps, ensevelis ou pas, des justes, des saints, mais avec leurs âmes, leurs esprits immortels (Hé 12,23; Ecclésiaste 12, 7).

Sur terre, nous entrons déjà en communion avec « Jésus, le Médiateur de la nouvelle alliance ». Les saints et nous-mêmes n’intercédons qu’en et par Notre-Seigneur, seul médiateur entre Dieu et les hommes, puisque seul détenteur des deux natures divine et humaine.

 

La naïveté, la maladresse des « enfants de la lumière »; l’astuce, le savoir-faire et le doigté, sinon la fourberie, « des enfants de ce monde » de ténèbres (Luc 16, 1-13)

Le Maître met les points sur les « i »! Facile pour les chrétiens de « se faire avoir », de « se faire rouler ou bouffer »! Jésus tient à distinguer nettement entre « chrétien » et ce que la Révolution Française nommera « crétin »! Alors, le Sauveur loue carrément ici (Luc 16, 1 s) un intendant malhonnête, pas pour sa malhonnêteté (autrement il devrait louer beaucoup de « dirigeants »!) mais pour sa prudence, son astuce, sa prévoyance, son savoir-faire, son art de se débrouiller, de se tirer d’embarras, et de s’assurer un bon avenir; en un mot pour sa « jugeote »! En Matthieu 10, 16, l’éternel Galiléen nous avait déjà avisés d’être avisés! « Voici que je vous envoie comme des brebis au milieu de loups! Soyez donc astucieux comme des serpents, doux comme des colombes! » Jamais stupides « comme des oies » (avec tout le respect pour ces pauvres créatures si inoffensives!) Nous avons donc besoin de « savoir pour ne pas nous faire avoir », comme écrit un juriste fort judicieux; de savoir-faire pour ne pas nous laisser faire!

Karl Keating, avocat catholique californien, défenseur zélé et intrépide de la foi, insiste: même la foi chancelle lorsqu’elle répudie la raison, l’intelligence! Il a raison! Et Jésus surenchérit dans la parabole des talents dont l’un des plus importants est exactement l’intelligence! Ne pas la faire fructifier, ne pas « l’exploiter » pour le Royaume constitue une omission aussi stupide que néfaste!

Jésus met en relief l’astuce de l’intendant injuste, malhonnête, profiteur, exploiteur, hâbleur, manipulateur, escroc! Il s’attriste de la maladresse de certains ou de trop de croyants!

Et, nous, « enfants de la lumière » qui avons écoles, paroisses, hôpitaux, établissements de bienfaisance, « centres d’accueil »…, y savons-nous faire pour proclamer le Royaume de Dieu, ou laissons-nous s’y infiltrer, malgré nos sacrifices et notre dévouement, les idées destructrices de l’athéisme, de l’antichristianisme, de l’anticatholicisme? Les autres veillent et nous, comme « Frère Jacques », dormons-nous?! Que d’intrigues ont lieu dans nos établissements catholiques à notre insu, pour promouvoir d’autres « religions » ou « dénominations », et nous distribuons des sourires?

Qu’allons-nous faire, comme écoles chrétiennes et catholiques, face au défi de « l’éducation civique » palestinienne dont il s’est agi plus haut ? Nous comporterons-nous comme des colombes-serpents ou comme des gardiens endormis ?

 

Conclusion

Que le Christ crucifié, « sagesse et force de Dieu », nous guide et nous fortifie! Avec l’humble collaboration de nos prières et supplications, ainsi que de notre bonne volonté, « sa grâce nous suffira »! (2 Cor 12, 9).

(par P.P. Madros)

 

 

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