« Dieu et mon… devoir » !

(2 Tim 1, 6-14 ; Luc 17, 5-10)

 

Cher Timothée, chers chrétiens : « N’ayez pas honte de l’Evangile ! »

Saint Paul aurait dû commencer par cette exhortation, présente indirectement dans sa déclaration solennelle aux Romains, qui constitue aussi un témoignage retentissant : « Je ne rougis pas de l’Evangile ! » (Rom 1, 16). (C’est d’ailleurs le titre d’un livre en français pour dialoguer avec les Musulmans). Comme conséquence logique de la conviction, de la joie, de la fierté d’avoir reçu « la Bonne Nouvelle », l’Apôtre demande à son disciple et fils spirituel, Timothée, de ne pas avoir honte « du témoignage à rendre à notre Seigneur » ! Le Christ, l’Evangile : autant d’objets de gloire et de témoignage, si on peut les décrire comme « objets ». Oui, mettons les points sur les « i »s ! Toujours saint Paul nous éclaire : « Nous ne nous annonçons pas nous-mêmes mais bien Jésus-Christ Seigneur, et nous comme vos serviteurs pour (l’amour de) Jésus » (pas nécessairement pour vos beaux yeux !) La dernière spécification malicieuse ne vient pas de saint Paul (2 Cor 4, 5).

Plus de place pour la « timidité » chrétienne qui, sous prétexte de « respect » pour les autres religions ou pour « la liberté de conscience », s’abstient de témoigner pour le Christ et l’Evangile ! La honte, c’est précisément celle de ne pas ou de ne plus annoncer le Christ, ne pas ou ne plus proposer (jamais imposer) la foi chrétienne ! Parfois, des non chrétiens, surtout en Occident, nous demandent carrément de se convertir, en nous priant de les instruire davantage et de les baptiser. Honte, embarras, frousse, trouille, excès de « prudence » : nous les envoyons « promener » ou les confions à quelque « prêcheur » imprudent ou peu « œcuménique » ou à quelque prêtre « excentrique » qui s’est mouillé… Or, le normal c’est le devoir d’évangéliser « toutes les nations », « toute créature » (Mt 28, 19 ; Mc 16, 15) ! Il nous est interdit de les évangéliser chez eux : nous nous interdisons de le faire chez nous, dans une espèce de « dhimmitude interne » (Mgr Jean Sulaïman) ou de paralysie par nous infligée !

 

« Ne rougis pas, Timothée, de moi, Paul, non plus » !

Malheureusement, nous les prêcheurs ne pouvons pas en dire autant ! Récemment, beaucoup de scandales ont frappé le clergé catholique. Nous nen sommes pas fiers ! Le mal fait est indéniable, inexcusable mais corrigible et évitable à l’avenir, grâce à la grâce de Dieu et à l’organisation et la sévérité pyramidales inégalées de l’église catholique.

Il faut aussi, en vue de la justice, réfuter toutes les calomnies et les  « fausses accusations contre l’Eglise » au cours des siècles,  ainsi que « la contre histoire » faite de mensonges, de demi-vérités et de contre-vérités (Mgr Luigi Negri). Là aussi, par excès de « timidité » et de « tolérance », les catholiques, en général, ne réfutent pas, ne dénoncent pas les calomnies et les inexactitudes des manuels d’histoire…

 

La parabole des « serviteurs inutiles » (Luc 17, 5-10)

« Nous ne sommes que des serviteurs ‘pas utiles’ ». Mais, si, ils ont été utiles, oui, mais pas indispensables.

« Nous n’avons fait que notre devoir » ! Ah, le sens du devoir ! De nos jours, on a le sens de ses droits. Or, il faut l’équilibre entre les deux : accomplissons d’abord nos devoirs pour exiger ensuite nos droits ! Le seul qui a d’abord des droits, c’est l’enfant ! Or, c’est précisément lui qu’on lèse, qu’on offense et que l’on supprime lorsqu’il est conçu         hors programme : l’on justifie, même officiellement, sa mort violente par le droit de la femme qui peut faire ce qu’elle veut de son corps à elle, le fœtus étant une partie indiscrète et inopportune de ce corps.

Certes, s’il y a eu viol, la grossesse ne résulte pas d’une imprudence ou d’un acte peu réfléchi. Or, même en Europe les viols se multiplient tragiquement…

Mais rien ne justifie la suppression d’une vie humaine même non désirée.

 

La parabole et une autre caricature mortelle : une application toute arbitraire et occasionnelle (Luc 17, 5-10)

Le Maître nous décrit la situation concrète où les « patrons » se laissent servir et ne remercient pas leurs serviteurs qui n’auront fait que ce qu’il leur fallait faire. Le patron ne va pas inviter le serviteur à s’installer pour être servi par le maître lui-même (Or, Jésus fera exactement le contraire de cette parabole, en lavant les pieds de ses disciples). Mais, ici, il veut donner une autre leçon : servez le Seigneur et ne vous attendez pas à des remerciements ou des compliments. Inutile de dire que le Seigneur n’oubliera jamais vos services, mais il saura comment et quand vous récompenser. Un « beau » jour, il vous invitera « à table », mais probablement pas ici-bas !

Ici, nous allons donner un commentaire actuel bien que secondaire de la parabole. Il s’agit d’une réflexion brûlante à partir d’un fait tragique survenu récemment. Dans notre diocèse patriarcal latin (catholique romain) de Jérusalem, à Amman, en Jordanie, un écrivain chrétien vient d’être assassiné. Il avait reproduit, un peu comme « Charlie Hébdo », une caricature représentant un militant de l’Etat Islamique au paradis demandant à Allah de le servir : un peu de vin et de fruits… Notre auteur, paraît-il peu fanatique pour son origine chrétienne, ne semble pas avoir lu la parabole de l’évangile d’aujourd’hui ! Le Seigneur ne sert pas ses serviteurs !

Mais, à part, cette application macabre (mot arabe !) de la parabole, nous avons affaire, une fois de plus, à la violence idéologique qui veut étouffer toute liberté d’expression et tout humour. Nous pouvons conclure, à partir de toutes les victimes de ce domaine, qu’il y a incompatibilité essentielle, même en Occident, entre la liberté d’expression et le dogmatisme religieux totalitaire et homicide. Les droits de l’homme sont éliminés par « ceux de Dieu » ! D’autre part, la société qui se veut « laïque », dans le sens du laïcisme antichrétien, voudrait, elle, éliminer le christianisme et le sacrifier sur l’autel des « droits de l’homme » !

 

Conclusion

Tout en réprouvant l’assassinat de l’écrivain chrétien, le Patriarcat Latin de Jérusalem a exhorté sa famille et sa tribu à contrôler leurs réactions et pardonner. Obligés, en Orient, à respecter la foi des autres, nous avons le droit d’exiger le respect pour la nôtre ! Toujours droits et devoirs sont complémentaires !

Témoigner pour l’Evangile : c’est, sans aucune honte ni respect humain, proclamer la vérité du Christ et diffuser son message de miséricorde !

(par P.P. Madros)

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