Ne rien faire, ne rien laisser faire, tout faire faire

Et « se mêler de tout » !

(2 Thess 3, 7 – 12 ; Luc 21, 5- 19)

Deux sujets des deux dernières lectures : travail-paresse, et destruction du Temple.

 

  • « Que celui qui ne travaille pas mange !» : le contraire du commandement paulinien ! (2 Thess 3, 7 s)

Le monde à l’envers, surtout chez les « nantis » et en Europe occidentale : parfois, mangent le plus ceux qui travaillent le moins ! « Les pauvres ! Ils sont réfugiés, fuyant guerre et famine. » Ou : « Ils n’ont pas besoin de travailler, ces fils-à-papa. » Les uns et les autres, plus ou moins, ne paient pas d’impôts ou s’arrangent pour contourner ou réduire le fisc. Nous les catholiques, nous avons trop souvent parlé de « charité, amour, accueil, tolérance », pas assez ou pas du tout de justice. Or, « la charité ne se réjouit pas de l’injustice mais de la vérité » (1 Cor 13, 6). Jésus y a aussi insisté félicitant « les persécutés pour la justice », « celles et ceux qui ont faim et soif pour la justice ». En hébreu et en grec, il y a identification entre « justice » צדק-δικαιωσύνη et « sainteté » קדושה-αγιωσύνη; « le Soleil de justice » étant le Soleil de sainteté, le Christ (Mal 4, 2). Pour un véritable réfugié, l’aider à retourner chez lui, qu’il puisse « s’asseoir sous sa vigne », est la meilleure charité : « résoudre les problèmes qui ont causé sa fuite » (le pape François).

Formelles les directives de l’apôtre Paul, lui-même fabricateur de tentes non un désoeuvré laconique et loquace : « Que celui qui ne travaille pas ne mange pas non plus ! » Le verbe employé est εργάζομαι. La grande révolution, l’une des plus grandes au point de vue social et anthropologique, avait déjà été lancée par Saint Joseph et par Jésus Ouvriers. Dans les sociétés sémitiques, d’un côté, et chez les gréco-romains, seuls les esclaves travaillaient : la terminologie, qui lie le travail à l’esclavage, persiste jusqu’à nos jours :  עבד-עבודה, δουλος-δουλεύει.

Ce  grand « classique de l’hellénisme » fait un jeu de mots aussi éloquent que sympathique : « Ils ne travaillent pas » μηδέν εργαζομένους «ils ne fichent rien », « ergazoménous » mais « periergazoménous » περιεργαζομένους, « se démènent  tout autour ». Le P. Amédée Brunot, des prêtres du Sacré-Cœur de Bétharram, spécialiste chevronné de saint Paul, aurait défini le comportement  de celles et de ceux qui, désoccupés, s’occupent des autres et « meuvent de l’air », de quoi « jeter de la poudre aux yeux », par trois « b »s : bougeotte, « blaguotte », bricole ! Aujourd’hui, il faudrait y ajouter : facebook et twitter.

 

  • Du Temple, « il ne restera pas pierre sur pierre »

En principe, la prophétie du Christ a été accomplie en l’année 70 lors de la conquête romaine de Jérusalem. En fait, elle s’étend jusqu’à nos jours ! A ce sujet, quelques exégètes se contredisent : les uns pensent carrément que Jésus n’avait jamais prononcé une telle prédiction, qui aurait été ajoutée plus tard. D’autres affirment que c’est précisément à cause de cette prophétie qu’il a été condamné à mort. Mais à tous la réalité s’impose : malgré la domination juive récente, le zèle talmudique, et la « bonne volonté » ainsi que la générosité   de beaucoup de « chrétiens évangéliques », surtout américains(qui ne se préoccupent guère des Lieux-Saints chrétiens !) , il n’y a toujours pas de Temple. Des tentatives, telles d’un empereur apostat, Julien (332- 363), ou du calife Umar, pour retrouver le site ou reconstruire « la Maison » ou « le sanctuaire de David », ont échoué (selon Tabari).

L’UNESCO vient de déclarer que le peuple Juif n’a rien à voir avec « le Mont du Temple », région du Dôme du Rocher et de la Mosquée dite « la plus lointaine » ou Al-Aqsa. Tout le monde, dans cette diatribe, a oublié les chrétiens : le passage du Christ, déjà bébé, ensuite adulte au Temple ! Comme presque toujours, les chrétiens sont forts pour affirmer et défendre les droits… des autres.

 

Conclusion

C’est nous le Temple  du Saint Esprit que personne ne pourra détruire, pas même en nous tuant ! « Travaillons » « à notre salut, avec crainte et tremblement !»(Phili 2,12) : recommandation paulinienne non seulement pour les chômeurs de Philippes, en Grèce, mais à nous tous.  Le Seigneur va punir les personnes qui n’ont pas fait fructifier leurs talents. Les chômeurs volontaires n’auront jamais de ticket pour le ciel ! « On ne se moque pas de Dieu » ! (Galates 6, 7).

P.P. Madros

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