arالعربية

Le deuxième dimanche de Pâques A (2017 A.D.)

Une foi inébranlable et un socialisme chrétien !

(Ac 2 , 42- 47 ; 1 P 1 , 3- 19 ; Jn 20, 19 – 31)

(par P. P. Madros)

Les premiers fruits de la Résurrection du Seigneur

Pour les apôtres et leurs successeurs, le Ressuscité a préparé un premier cadeau : le pouvoir de « remettre et de retenir les péchés » (Jn 20, 22- 23). Les fidèles sont comblés d’une joie indicible, que nous avons la grâce et le mérite de partager, bien que nous n’ayons pas physiquement vu le Christ, cf 1 P 1, 3 s). « Ressuscités avec le Christ », ils  ressuscitent de la mort de l’égoïsme et de l’égocentrisme, ainsi que du matérialisme qui avait tué Judas et fait tuer Jésus ! Cette « vie apostolique » de la première communauté de Jérusalem (dont nous sommes loin à quelques années-lumière !) se résume dans l’unanimité et la cordialité, assidue qu’elle était « à l’enseignement des apôtres » (or, notre catéchèse et prédication laissent parfois beaucoup à désirer), «à la fraction du pain », expression technique pour désigner l’Eucharistie, la célébration de la messe. Loin de cette divine table, les personnes et les peuples meurent de faim spirituelle, morale, culturelle et humaine.

Le socialisme de Jésus, des apôtres et de la première communauté hagiopolite (Ac 2 et 4)

A la veille des élections présidentielles françaises, la lecture des Actes 2 nous touche et nous ouvre les yeux ! Avec saint Jean Bosco, le voisin à côté, du Piémont, nous affirmons : « Bons chrétiens, braves citoyens ! » Depuis l’Incarnation, l’équation humanité-christianisme reste valide : « Christ égal homme parfait ; christianisme égal humanisme et humanité ! »

« Les frères (et soeurs, i.e. les tout premiers chrétiens) étaient assidus… à la communion fraternelle (donc communion sacramentelle et morale) dans le partage… Tous les croyants, ensemble, mettaient tout en commun ». Communisme- non communautarisme- chrétien, fondé précisément sur la foi, la charité et l’espérance en un Seigneur vivant !

Communisme, socialisme…

Que les marxistes-léninistes-stalinistes-allendistes-maoïstes… ne se vantent pas d’avoir inventé « la communauté de biens » ! Jésus a été, une fois de plus, le pionnier d’un sain socialisme qui dépassait courageusement l’individualisme, le désir de possession, « l’amour sacré de l’or », piège mortel dans lequel tomba le « trésorier » Judas ! Les premiers chrétiens ont suivi l’exemple du Sauveur et des apôtres dans une générosité altruiste bénéfique pour tous. Donc, au lieu d’un problématique « mariage pour tous », plutôt « tout pour tous ; tous pour un et chacun pour tous » !

Mais, au cours de l’histoire, ironie et cruauté du sort, la Révolution Française, le communisme, le socialisme, qui en réalité n’avaient aucune originalité idéologique, sauf l’athéisme et l’antichristianisme, se sont retournés contre le Christianisme, origine  de la vie et des biens en commun ! Juste en passant, la fameuse « fraternité » qui vient après « l’égalité », n’a pas beaucoup de sens, sauf dans la signification vague et générale de la fraternité dans l’humanité et dans « le parti » ou le système ! Par contre, la fraternité chrétienne se base sur la paternité de Dieu (et la maternité de Marie) ! Les « communistes » actifs s’appelaient « compagnons », mais « sans pain » : le pain de l’Eucharistie !

Le Nazonialsocialismus ou Nazisme a été aussi antichrétien qu’antijuif.

Le « socialisme »  en Europe occidentale et ailleurs a été, d’une façon plus ou moins sournoise, ennemi du Christianisme et de l’Eglise catholique, promouvant d’un côté l’athéisme, l’agnosticisme, et, du même côté, l’Islam et les autres religions d’une manière antidémocratique, puisque toutes ces dénominations étaient et sont encore minoritaires. Ceci n’est pas un secret. Or, ici l’alliance d’opposés et d’adversaires, tels un Pilate et un Hérode Antipas, a eu lieu : le communisme, le socialisme, en soi « laïcs, séculiers, démocratiques », ont fait de tout pour islamiser. Or, l’Islam est une théocratie qui rejette catégoriquement la laïcité, le sécularisme et la volonté du peuple, en contraste avec celle d’Allah et de la chari’ah (à peu près la halakhah rabbinique). Cette alliance d’opposés, par exemple celle des « progressistes » avec le système moyenâgeux qu’est l’Islam, peut s’expliquer par deux éléments en commun : le totalitarisme et l’inimitié avec le Christianisme, sous des apparences de démocratie, mais bien restreinte, paralysant même la liberté d’expression, dans « la dictature de la pensée unique », revenant pratiquement au « lavage de cerveau », avec sanctions « sibériennes » contre les dissidents !

Le vrai socialisme chrétien et humain

Nous le trouvons dans les Ordres religieux, où la pauvreté assure la communauté de biens. En Egypte et en Palestine, le cénobitisme primitif des moines, du grec κοινος βιος koinos bios, vie en commun, reprend fidèlement la « koinonia κοινοωνία», « communion », littéralement « pensée en commun », de la toute première église hiérosolymitaine. De nos jours, beaucoup de communautés de laïcs prennent le même chemin évangélique.

L’obstiné et incrédule Thomas : un technicien polyvalent : un diplomate, un ouvrier manuel, un manipulateur, un homme de tact, un idéologue, un expert digital  (Jn 20, 19- 31)

 

Il n’y a pas lieu de s’impressionner. C’est plutôt ici, la plupart du temps, une question de jeux de mots et d’étymologie !

Diplomate : oui, en effet, sa déclaration laconique : « Si je ne vois pas dans Ses mains la marque des clous…je ne croirai pas » équivaut à un diplomatique : « Les gars, vous êtes des menteurs ! »

Digital : pionner du système digital, du latin « digitus », doigt : « Si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous… »

Ouvrier manuel, manipulateur » : du latin « manus », main : « Si je ne mets pas ma main dans Son côté… » Notre apôtre fait ici aussi piètre figure si nous le comparons au schismatique mais bon Samaritain ! Celui-ci avait « bandé les plaies (de l’homme tombé au milieu de brigands), y versant de l’huile et du vin » (Lc 10, 34).

Un homme de tact ! Vous n’êtes pas d’accord, et pour cause ! Thomas ne pouvait pas être plus indélicat ! Douter de Jésus, douter de ses collègues, jusqu’à les défier, sans déclarer tout haut qu’ils les considéraient menteurs ! Pourtant, il a du tact dans le sens étymologique du latin « tactus », le toucher. Notre bonhomme voulait toucher, avec le doigt, avec la main, les mains clouées et le côté transpercé de Jésus ! Que les Témoins de Jéhovah ne s’avisent plus à affirmer arbitrairement que Christ est ressuscité  « avec un autre corps » ! Là, ils sont pires que Thomas : lui a fini par croire ! Eux, pas ou pas encore ! Comment veulent-ils que Jésus soit ressuscité « dans un autre corps » alors que l’incrédule Thomas a vu de ses yeux vu, ce qui s’appelle vu, touché de ses mains et de ses doigts, ce qui s’appelle touché, la marque des clous et de la lance dans le même corps crucifié ? Où est le bon sens et l’honnêteté dans la lecture de la Bible ?

Un « idéologue », un visuel », du grec idein ιδειν, voir, et du latin « visus », la vue. Notre apôtre exige un contresens, tel un cercle carré : voir pour croire ! Or, croire c’est précisément accepter ce que l’on ne voit pas (Hé 11, 1), par confiance en la personne qui nous transmet une donnée. Mais, pour une fois, Thomas sera à la hauteur du compliment ou de la béatitude discrète que Jésus lui adresse : « Parce que tu m’as vu, tu as cru ! ». Répétons ici l’explication magistrale de Saint Augustin qui nous fait comprendre le paradoxe : oui, pour Thomas, il y a de quoi « croire » après avoir vu ! « Aliud vidit, aliud credidit ! » « Il a vu quelque chose, il a cru en autre chose » : il a vu le même corps, vivant, d’un crucifié ; mais il a cru en la divinité de Celui-ci, en déclarant : « Mon Seigneur et mon Dieu » !

Conclusion

Que le Seigneur ressuscité convainque tous nos Thomas ! Après un demi-siècle  à peu près d’athéisme, de christianophobie, de socialisme antichrétien, d’apostasie, d’aberrations contre la famille, la vie et l’enfant, n’est-l pas grand temps, avec le centenaire des apparitions de Fatima, que « les croyants soient un seul cœur et une seule âme », et que les incroyants se persuadent, sans aucune contrainte, que Jésus est « Seigneur et Dieu » ?

Designed and Powered by YH Design Studios - www.yh-designstudios.com © 2017 All Rights Reserved
X