Le Dieu « transpercé »!
(Zach 12, 10-11; Gal 3, 26-27; Lc 9, 18-24)
(par P.P. Madros)

Malgré les péripéties et les pirouettes d’experts, le texte de Zacharie reste aussi clair que choquant à première vue. C’est Yahweh, oui le Seigneur, qui parle! Pas d’histoires, pas d’excuses: « Ils Me regarderont, Moi qu’ils ont transpercé! » La confirmation vient de l’Apocalypse 1, 7, après l’affirmation de l’évangile de Jean: « Ils regarderont celui qu’ils ont transpercé ». Inacceptable pour la mentalité juive, du moins pour l’exégèse rabbinique, le passage refuse de se laisser réduire, minimiser, diluer, vaporiser! La première personne – divine- du singulier ne saurait être transformée ici en « celui qui »- comme le fait la « traduction du Monde nouveau », celle des Témoins de Jéhovah, connue pour ses positions antichrétiennes et nettement vétérotestamentaires. Bref, Dieu déclare avoir été transpercé, d’une façon visible! Seule interprétation possible: Jésus, incarnation du Verbe de Dieu, transpercé en croix, par la lance du soldat romain.

Il est utile de clarifier ce que le Pape François a dit de la mort de Jésus en croix: « humainement parlant, c’était un échec! » Des journalistes, toujours à l’affût, ont omis le « humainement parlant », qui ne fait que reproduire la magistrale affirmation de 1 Cor 1, 18 « le mot « croix » est folie pour ceux qui marchent dans la voie de la perdition… scandale (pierre d’achoppement) pour les Juifs… » Cette mauvaise volonté des mass médias est une raison de plus pour ne laisser aucune possibilité d’équivoque.

Moralement, nos péchés transpercent le cœur de Dieu! Nous allions dire que toute cette question de douleur perçante, Jésus la tient de sa Mère! Le vieillard Siméon avait déjà prévu le coup:  » Voici que ton fils, Marie (ou: Madame!) a été établi … en signe de contradiction (ou: de conflit!). Et, toi, un glaive te percera le cœur! »

La théologie chrétienne, la plus élémentaire, vient expliquer le tout dans une stupéfiante simplicité! « Le Seigneur de la gloire », crucifié (pour parler comme saint Paul, « par faiblesse », dans sa nature humaine, a été physiquement transpercé dans son côté. Sa divinité a été offensée par l’iniquité.

Cette double nature explique le double pronom: moi- il: « Ils Me regarderont… Ils pleureront sur lui… » La seule chose à faire pour un bourreau, c’est de regarder sa victime, de s’en attrister et de se repentir!

Vous voulez une interprétation littérale, empirique, pragmatique de ce verset? Autant que la science le permet, l’humanité aujourd’hui encore regarde le saint suaire de Turin!

« Nous sommes tous enfants de Dieu »: oui, mais… (Gal 3, 26-27)

Là aussi, nous les chrétiens, nous croyons facilement que tout le monde a notre croyance. Le Pape vient de dire : « Nous sommes tous enfants de Dieu, que nous l’appelions Dieu, Yahweh, Christ… » Les Juifs et les Musulmans ne l’entendent pas de cette oreille. Les Juifs vous disent carrément que nous avons tous été créés בצלם à l’image de Dieu et vous chuchotent que seuls les Hébreux sont ses enfants, les autres étant ses serviteurs (encore faut-il qu’ils le connaissent!) En laissant tomber cette assertion comme offensive ou antisémitique, nous pouvons affirmer sans l’ombre d’un doute que pour le Coran et le monde musulman Dieu ne saurait être père! Jamais de la vie! Pour la mentalité coranique, la paternité est indissolublement liée à la génération physiologique donc à un acte sexuel. Par conséquent, avec le monde musulman, il nous suffit de souligner que nous sommes tous les créatures de Dieu.

Le seul Dieu existe, mais nous n’avons pas tous la même idée de ce même Dieu. Des divergences essentielles et irréductibles nous séparent. Ici aussi, des journalistes attribuent au pape François une phrase d’après laquelle le Coran aurait été comme la Bible. Introuvable cette phrase. A-t-elle été déduite de la déclaration que nous adorons le même Dieu sous des noms différents?

Non à la discrimination, oui au discernement (Gal 2, 26 s)

Toujours attention! Saint Paul écrit ou dicte clairement que c’est la foi en Christ, par le baptême, qui annule la différence entre homme et femme, Juif et Gentil (dans la circoncision). Le baptême et l’unité-indissolubilité du mariage chrétien abolissent à jamais la distinction-discrimination pagano-islamique entre hommes-femmes libres et esclaves: en effet, le Coran perpétue, au nom d’Allah, la discrimination entre les deux « classes »: les femmes libres ne peuvent être que quatre pour un seul homme libre, tandis que les concubines ou captives de guerre n’ont pas de nombre: ni conditions ni restrictions (Coran 4: 3). Il éternise la discrimination entre homme et femme: celui-ci a droit à la polygamie simultanée, elle pas; il a le droit d’épouser des chrétiennes et des juives, elle ne doit épouser qu’un musulman.

Où sont les féministes pour protester?

« Tu es le Christ de Dieu » (Lc 9, 18-24)

Dès que Jésus obtient une confession de sa messianité, il spécifie qu’elle est souffrante et rédemptrice, pas dominante et impératrice! Des exégètes, même catholiques, disent que ces prophéties de Jésus sur sa Passion ont été ajoutées plus tard. Certains vont jusqu’à dire que Jésus homme ne savait pas comment il allait mourir. Mais, intelligent comme il était, il devinait que ses adversaire tramaient contre lui. Mais alors, Siméon était plus calé que le Christ! Il savait très bien, depuis que Jésus était bébé, que plus tard « le salut du Seigneur », i.e. le Messie enfant dans ses bras, allait souffrir! Et puis, Jésus n’avait-il jamais lu Isaïe 53, le Psaume 22 (qu’il a explicitement cité sur la croix) et notre texte de Zacharie 12, 10 ?

Oui, tu es le Christ souffrant

Bossuet le criait: « C’est tous les jours le Vendredi Saint! » Christ signifie essentiellement rédempteur souffrant; chrétien signifie porteur de la croix et « crucifié avec le Christ » (Gal 2, 20): en Europe surtout occidentale comme partout ailleurs, le Christ et les chrétiens souffrent. « Une église non persécutée n’en est pas une » (Mgr Georges Abou Khazen, bien placé puisqu’il est vicaire apostolique d’Alep!)

Conclusion

La souffrance du Christ Jésus est la preuve apodictique de son authenticité et le motif de sa crédibilité. A juste titre, saint Paul met en contraste « la sagesse du langage », la rhétorique (plus tard invoquée par le Coran comme preuve de révélation) et le scandale-folie de la croix! A l’une des saintes, le crucifié déclara : « Ce n’est pas pour rire que je t’ai aimée! » Ce n’est pas pour rire ni pour faire rire que Jésus est mort sur la croix! La mentalité judéo-messianique rejette donc la « crèche » et « la croix », comme indignes du Roi-Messie! Accord complet du monde musulman; approbation des athées! L’accord est parfait contre la crèche et la croix, sous prétexte de « respect pour les autres »! Pour nous chrétiens, la seule devise, le résumé de notre chemin à la suite du Christ (die « Nachfolge »), c’est la Croix: magnétisme-aimant de Jésus (Jn 12, 32). Notre seul objet de fierté: « la croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ » (Gal 6, 14).

Vivons en conséquence!

image_print
Designed and Powered by YH Design Studios - www.yh-designstudios.com © 2017 All Rights Reserved
X