13 novembre 2016

XXXIII dimanche du temps ordinaire, année C

 

L’Evangile d’aujourd’hui s’ouvre sur une image de destruction et se ferme sur une image de consolation.

Cette image de destruction concerne le temple : Jésus se trouve à l’intérieur lorsque « certains disciples » en louent la beauté et la somptuosité. Et Jésus les reprend, en disant que de ce qu’ils voient, il ne restera pas pierre sur pierre (Lc 21,6). Cette première image de désolation se développe ensuite dans une série d’images toutes aussi spectaculaires (tremblements de terre, famines, persécutions …), qui semblent occuper tout le passage, qui ne semblent donner ni espérance ni répit.

Mais soudain, s’ouvre une brèche, et l’image finale est d’un tout autre ton : Jésus prévient ses disciples qu’ils auront à vivre des moments difficiles, mais que pas un cheveu de leur tête ne sera perdu (Lc 21,18).

Comment ces deux images peuvent être côte à côte ? Que veut dire Jésus ?

Tout d’abord, Jésus ne parle pas tant d’un temps futur et lointain, mais des derniers temps, ceux qui précèdent la fin, qui vont de l’Ascension à la Parousie. Il ne parle pas d’événements exceptionnels, d’époques particulièrement difficiles et éloignées ; Il parle de notre temps, le temps de l’Eglise, de notre vie de tous les jours.

Et Jésus ne berce pas d’illusions ses disciples : II sait que ce seront des moments difficiles, comme souvent la vie est difficile.

Il ne s’attarde pas dans des détails inutiles, et Il ne répond pas aux questions alarmantes de ceux qui, face à cette perspective, veulent immédiatement savoir quand et comment tout cela arrivera.

Jésus, néanmoins, prend la peine de nous dire comment se comporter pendant ce temps d’épreuve. Il ne déplace pas l’attention sur le futur, mais Il se concentre sur le présent car c’est là le temps pendant lequel nous pouvons agir et préparer le futur.

Il dit simplement que ce temps est en train de passer, et qu’il ne s’agit pas de le fuir : « par votre persévérance, vous sauverez vos vies » (Lc 21,19), c’est-à-dire en avançant dans le temps sans s’accrocher à quoi que ce soit, sans chercher des chemins de sortie, des échappatoires, ou encore des privilèges particuliers.

Dans une époque où tant de certitudes s’effondrent (même cette certitude sacrée qui est le temple), la seule possibilité pour vivre vraiment est de continuer à avancer, sans chercher à éviter les choses.

Voilà pourquoi Jésus met en garde contre certaines tentations, ou illusions.

La première est de suivre toute personne se présentant en Son nom (Lc 21, 8) et offrant une recette facile à l’énigme de la vie et de la souffrance. Dans des moments particulièrement sombres, ce type de personnages se multiplient, et cette tentation est particulièrement attrayante.

La seconde est l’illusion de connaître les temps (Lc 21, 7), pour savoir comment finira l’histoire. Mais l’histoire n’est pas entre nos mains, et vouloir connaître l’avenir est le meilleur moyen de fuir le présent.

Ensuite, il y a la tentation de se débrouiller par soi-même, avec ses propres forces : c’est lorsque Jésus dit de ne pas préparer à l’avance notre défense (Lc 21, 14), de ne pas prétendre que ce que nous faisons par nous-mêmes pourrait être suffisant pour surmonter l’épreuve.

Enfin, il y a la tentation du désespoir, de la peur (Luc 21.9), lorsque l’épreuve semble trop grande, quand il n’y a plus d’espérance, lorsque l’on s’effondre…

En fait, toutes ces façons « erronées » de se comporter dans l’histoire ne sont que des moyens de fuir, de tenter d’éviter le problème, de déclarer le jeu terminé sans avoir jamais joué.

L’invitation de Jésus est toute autre, Il invite à persévérer.

Mais comment est-il possible d’avancer face à tant de malheurs ?

C’est possible si l’on entre sur ce chemin comme Jésus est entré dans sa passion.

Parce que les termes dans lesquels Jésus décrit les tribulations aux disciples ressemblent de près aux trois annonces de la Passion (Lc 9,22 ; 9,44 ; 18,31) ; et comme pour Jésus les annonces de la passion sont également des annonces de sa résurrection, il en sera, bien sûr, de même pour les disciples.

La chose importante est d’avancer avec la même confiance qu’a Jésus dans le Père, confiant que l’histoire est entre Ses mains, et que rien ne sera perdu.

Jésus nous assure d’une chose : « C’est Moi qui vous donnerai un langage et une sagesse » (Lc 21, 15), Je ne vous laisserai pas seuls, Je serai avec vous et en vous.

Alors c’est justement au moment de l’épreuve, au moment où Dieu semble le plus absent, qu’il sera le moment de faire l’expérience de plus près de la consolation du Seigneur ; ce sera le temps du témoignage, jusqu’à ce que le Seigneur revienne (Lc 21,27).

+ Pierbattista

Version originale en italien

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