Le 19ème dimanche A (année 2017 AD)

“Une grande tristesse, une douleur incessante” pour nos compatriotes !

(1 (=3) Rois 19, 9-13 ; Rom 9, 1- 5 ; Mtt 14, 22-33[1])

(Par P. P. Madros)

Une petite leçon que le brave Elie n’a pas bien comprise ! (1(=3) R 19, 9 s)

Avec toute la candeur du monde, l’hagiographe (c’est-à-dire en français « l’auteur sacré » !) nous raconte un épisode aussi émouvant que délicat, aussi discret qu’instructif : le prophète Elie arrive essoufflé au Mont Horeb, autre nom du Sinaï, haut-lieu mystique. Inconsciemment jaloux de son aîné Moïse, qui avait reçu la grâce de « voir Dieu » (derrière un voile), le fougueux Teshbite se voit exaucé : le Seigneur lui fait savoir qu’Il « va passer » et lui ordonne de « se tenir dans la montagne devant Dieu ». L’expression hébraïque originale « lifnei לפני » signifie littéralement « au visage, devant le visage », voire « les visages » du Seigneur.

Sitôt dit, sitôt fait : Yahvé passe ! Au début, Elie sent « un grand ouragan »… « mais Yahvé n’était pas dans l’ouragan ; ensuite un tremblement de terre… le Seigneur n’y était pas davantage (Pour l’Europe nous ajouterions une vague infernale « luciférienne » de chaleur : Dieu n’y est toujours pas !) … ensuite un feu… Rien ! « Après le feu, le bruit d’une brise légère ». L’original hébreu porte ici le terme « demamah דממה »  qui veut dire « brise, zéphyr » mais aussi « silence » (Ps 107 (106), 29 ; Job 4, 16). En grec moderne, « Zephyroula Ζεφυρούλα », « Petite- Brise », est un beau prénom féminin.

Bref, notre cher Elie comprend que Dieu est dans la brise : « il se voile le visage (toujours comme Moïse) avec son manteau ». Pour nous, n’allons pas croire que « Allah se trouve dans le voile », plutôt instrument d’affirmation d’identité parfois, non sans provocation ni prétention de supériorité dans la chasteté. Mais Dieu est bien dans le silence, la brise : Dieu est la délicatesse, la douceur même ! Jésus, incarnation du Verbe divin, nous l’a répété : «Mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur » (Mtt 11, 29). Sous le grec « « μαθάινειν (d’où « mathématiques ») se trouve la racine hébraïque et araméenne « lmdלמד «  d’où Talmud : enseignement. La douceur est l’école « talmudique » de Jésus ! Quelle révolution !

Bravo, Elie, pour le respect du silence et de la brise divins. Mais plus tard, de mémoire courte, le prophète de Galaad va métaphoriquement recourir « à l’ouragan, au tremblement de terre et au feu » lorsqu’il tuera, sans crève-cœur, les prêtres du Baal, non par « soif de sang », ni par haine (un tout petit peu, quand même) mais surtout  « par zèle pour le Seigneur des armées » ! Et ce ne sont pas des armées de « délicatesses : caramels, bonbons et chocolats ». Nous touchons du doigt l’imperfection de la mentalité théocratique, parfois violente, de l’Ancienne Alliance. Jésus ne laissera plus de place à la fluctuation et à l’imperfection : brise, toujours brise ; douceur, toujours douceur, pas de violence, cher Pierre à Gethsémani ! Une petite exception qui ne fera que confirmer la règle : Jésus se fabrique empiriquement un fouet (il n’y avait pas de supermarché à l’époque) et il bat copieusement les vendeurs du Temple ! Donc, ce n’était pas un mou ! Inutile de dire que nous avons toujours besoin de ce fouet, surtout nous les « détenteurs des Lieux-Saints », menacés de  simonie, de démagogie,  et d’abus de pouvoir ! Et ce n’est pas le pape François qui est tendre dans cette affaire !

Le grand souci, la tristesse profonde et constante de saint Paul pour ses « frères, sa race », son peuple, sa nation (Rom 9, 1 s)

L’apôtre se préoccupe, sans répit, pour ses frères les Juifs. Oui, vous avez bien lu : « ceux qui partagent sa race », grec « sunguenon συγγενών ». La race n’est donc pas un mal ! Or, dans les médias, on ne connaît et l’on ne fustige que « le racisme occidental », européen, américain… soit celui des chrétiens ! Historiquement, bien qu’il soit un mal, il est « de la petite bière » à côté d’autres racismes et de fanatismes religieux. Bref, aucun mal à aimer sa race, prier pour elle et se faire du souci pour « ses frères », son peuple, sa patrie, sa nation. Saint Paul ne semble pas du tout préoccupé par l’occupation romaine, exécrablement païenne par-dessus le marché, qui « pesait » sur son peuple opprimé. Comme par hasard, il avait hérité la citoyenneté romaine ! Il y  avait de quoi perdre son latin !

Déjà les prophètes, surtout, Jérémie, voyaient dans les défaites et les humiliations nationales un châtiment de la part du Dieu trahi par Son peuple.

Tout simplement, l’apôtre se fait du mauvais sang parce que la plupart de ses compatriotes et ex coreligionnaires ne connaissent pas et ne reconnaissent pas Jésus comme Messie, Seigneur et Sauveur[2] ! En Occident, nous avons tout droit de nous attrister en voyant nos divers pays, plus ou moins « sécularisés », c’est-à-dire déchristianisés, paganisés à nouveau, viciés, non sans « conversions » à d’autres religions directement ou indirectement antichrétiennes. Ah oui ! Quelle tristesse de voir des églises vides, vendues, « louées » pas dans le sens de louange mais de loyer, ou transformées en théâtres ou musées ! Quelle préoccupation pour les jeunes générations européennes auquel « on » a interdit, à l’école, d’entendre ou d’apprendre quoi que ce soit de vrai et de constructif sur le Christ, l’Evangile, et l’Eglise, pauvres générations qu’on oblige au « gender » (tiens, l’étymologie grecque est le fameux « genos γένος), à la considération du « couple homosexuel » comme égal sinon supérieur à l’hétérosexuel ! Là encore, pourquoi n’exige-t-on « la laïcité » que des pays de souche chrétienne ?

Paradoxalement, trahir le Christ signifie détruire nos nations occidentales (et ne rien capter du message du « poumon oriental »)

Cette dernière expression de S. Jean-Paul II désigne l’Eglise d’Orient persécutée depuis des siècles, surtout en notre temps, sans oublier les églises souffrantes en Afrique, en Extrême Orient…

Commençons déjà par dénoncer « le blasphème contre le Saint-Esprit », tournure incompréhensible pour le commun des mortels ! Jésus en a parlé quand il s’est rendu compte que scribes et pharisiens attribuaient ses miracles au démon. Nos fameux « Etats » et « Constitutions » « laïcs » font le même coup, mais à l’envers. Ils attribuent les principes de la démocratie, de l’ordre, du contrat social, aux philosophes hérauts et héros des « Droits de l’homme et du Citoyen », donc à la Révolution Française, aux Nations-Unies etc. Dernièrement, les « amis des Droits universels de la personne humaine » n’ont pas hésité, paraît-il, à « s’annexer » le Père Hamel, en lui érigeant un monument comme martyr de ces fameux Droits ! A ce compte, on peut déduire qu’il s’agissait, pour le prêtre âgé, du droit de mourir, en faisant semblant d’oublier le « droit » et le devoir théocratiques, chez des fidèles d’Allah, de « tuer les infidèles » qui « avaient fait de leurs rabbins, moines et prêtres…des seigneurs à la place d’Allah » (Coran 9 : 31).

Ah bon : alors l’abbé Hamel était un partisan de Robespierre, de Jean-Jacques Rousseau, de Durkheim ou de Pan-Ki-Moon! Vraiment, « ça ne valait pas la chandelle » de se laisser tuer pour autant, ou plutôt cela ne vaut pas le couteau du petit islamiste qui l’a assassiné ! D’ailleurs, le monde musulman (qui avait jubilé en Orient pour l’occasion !) s’en tire aussi à très peu de frais , le tout étant blanchi et lavé par le fait qu’un un artiste musulman a peint un portrait du Père, désormais entouré de vénération à l’église Saint-Etienne-du-Rouvray.

L’on ne saurait cacher le soleil : le Père Hamel a été tué parce qu’il était chrétien et prêtre : une atteinte à la foi chrétienne, la plus grande base de l’identité et de la civilisation françaises et européennes, après les coups à la liberté de pensée, l’art, la République, les loisirs et « tout le bataclan »… Le prêtre, il est vrai, n‘avait pas le choix devant son agresseur. Mais on le voit mal abjurer : là, il aurait été beaucoup moins courageux que les petits Coptes martyrisés en Haute-Egypte, après avoir refusé de renier le Christ Seigneur !

L’élimination du Christ et de l’Eglise, de la vie sociale de l’Occident, ne porte pas bonheur ! D’abord le vide religieux. Dans ce vide naissent alors les mouvements pseudo-religieux : sectes et superstitions. « Vous ne voulez plus de Jésus-Christ », disait le Père Mansour Zaïtoun à ses amis européens, « vous aurez Joseph Smith, Bouda, les Gurus… », et les tragédies, en particulier celles des jeunes et des moins jeunes qui disparaîtront (comme des mineures allemandes) parmi les djihadistes ou les gurus de l’Inde, se répèteront sans fin, pour la grande douleur des parents ! « Vous ne voulez pas l’Evangile », pourtant base de vos Constitutions : vous aurez la chari’ah : ablation de la main des voleurs, lapidation des adultères mariés, mariages d’enfants… (L’Allemagne désormais en sait quelque chose).Vous ne voulez pas de bébés, vous « adorerez » les p’tits chiens ! Et le pauvre Blaise Pascal se retournera dans son tombeau (à Saint-Etienne-du-Mont) en voyant bafouée « son échelle des valeurs » !

Conclusion : grâce à Dieu, l’Eglise sauvera à nouveau l’humanité

Nous n’étions pas nés quand les Barbares, avec Alaric le 24 août 410, ont saccagé Rome, détruisant l’empire romain, en pleine décadence, et faisant de la Gaule « un immense brasier ». Maintenant, nous voyons la décadence, sans oublier le bien qui reste ! Nous voyons la « dégénérescence » qui n’est autre que la perversion, la dénaturation, le dévoiement du « genre humain », de la sexualité humaine créée pour l’amour, la complémentarité et la procréation ; dégénérescence des nations qui s’imaginent « se régénérer » à coups d’immigration non chrétienne et antichrétienne,  et à coups d’avortements et d’euthanasies. En Hollande, on doit à l’euthanasie 5 pour cents des morts prématurées ! Et en avant la musique funèbre, « la culture de la mort » !

Un sursaut, une réaction de piété, de dignité (surtout pour la femme) et de bon sens, d’amour de la nation et de la patrie, doivent être renouvelé de nos jours. « Aux origines du sursaut (par l’Eglise au cinquième siècle) se profile l’œuvre du moine Jean Cassien, originaire de Provence ou de Roumanie. Il fonde à Marseille les monastères de Saint-Victor pour les hommes et de Saint-Sauveur pour les femmes…Dans la ville de Lérins, la Gaule va chercher des moines pour remplir le ministère épiscopal[3] ». Ensuite saint Benoît, père de l’Europe.

Malgré nos défauts et nos défaillances, l’Eglise catholique reste, par la force du Ressuscité, le rempart de la foi, du couple, de la famille, de la vie et, depuis vingt siècles, de « la civilisation de l’amour » !

[1] Cette année, nous laissons à l’Administrateur Apostolique du Patriarcat Latin, Mgr Pizzaballa, le commentaire de l’évangile de ce dimanche.

[2] Les Musulmans, un peu comme les Juifs messianiques, reconnaissent « Issa » comme Messie, pas davantage.

[3] L’abbé Paul Christophe, « L’Eglise dans l’histoire des hommes », I, pp. 122 ss.

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